Toute ma peau a une âme
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Ensemble de 13 photographies.
Formats et techniques :
Ensemble de photographies couleur en studio
Format H 70 X L 90 cm et H 90 X L 70 cm.
Tirages Giclée sur papier Hahnemühle Fine Art, PhotoRag Baryta 315gr
Edition limitée à cinq exemplaires chaque.
Prix : 1850 €TTC. Plus d'informations.
Depuis des siècles, la peinture italienne regarde des corps souffrir et s’applique à ce qu’ils soient beaux. Une tête tranchée dans un drapé de velours, un plateau où l’on offre ses seins coupés, des mains tendues vers un corps descendu de la croix : tout est pesé, éclairé, rendu avec une tendresse de lapidaire. On a appris à regarder ces scènes comme on regarde un bijou. La douleur y est devenue un savoir-faire.
Cette série décalque ces scènes picturales : les couleurs, les poses, la lumière, la composition. Mais les corps sont ceux de jeunes gens d’aujourd’hui, déguisés, grimés, photographiés en studio, sans rien cacher des coulisses. On voit le costume, on devine le fard. Les modèles viennent d’une génération qui a grandi dans l’image, qui sait ce que c’est que de s’exposer, de se composer, d’être regardée, et qui connaît le prix d’une peau qu’on montre. Ils habitent la pose sans la subir. Judith, Agathe, les affligés au pied de la croix : ils les endossent comme on endosse une langue ancienne, pour voir ce qu’elle dit encore.
Le déguisement ne protège pas, il révèle. Ce qui était sublime devient soudain proche : un poignet qui se crispe, une épaule qui tremble, un regard qui ne joue plus la sérénité du martyre. Ce que les maîtres ont orné, la photographie le laisse nu. Les gestes de violence sont suspendus, jamais savourés, et ce qui reste, c’est ce que la peinture a longtemps tu : la peau qui sait, le corps qui se souvient de ce qu’on lui fait.
Face à ces tableaux vivants, Sido de Colette tient lieu de contrepoint. Colette y écrit la peau autrement en parlant de sa mère, femme libre et émancipée. Elle nous offre un monde de gestes transmis, de terre du jardin, de fièvre et d’attention aux choses vivantes. Une peau qui sent, qui boit la lumière, qui apprend du monde.
La série ne propose pas de réparer ni de condamner, seulement de regarder le corps sans le réduire à son décor. Toute ma peau a une âme : la phrase vaut comme un refus. Refus que la chair soit un simple support, qu’on peut orner, blesser, offrir ou admirer sans que quelqu’un y habite. Dans chaque image, quelqu’un est là, et regarde.
Cette création a été tissée avec Anne Savi, Anne Telyczka et de jeunes élèves dont les noms se trouvent à la rubrique Commande.
Toute ma peau a une âme
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Ensemble de 13 photographies.
Formats et techniques :
Ensemble de photographies couleur en studio
Format H 70 X L 90 cm et H 90 X L 70 cm.
Tirages Giclée sur papier Hahnemühle Fine Art, PhotoRag Baryta 315gr
Edition limitée à cinq exemplaires chaque.
Prix : 1850 €TTC. Plus d'informations.
Depuis des siècles, la peinture italienne regarde des corps souffrir et s’applique à ce qu’ils soient beaux. Une tête tranchée dans un drapé de velours, un plateau où l’on offre ses seins coupés, des mains tendues vers un corps descendu de la croix : tout est pesé, éclairé, rendu avec une tendresse de lapidaire. On a appris à regarder ces scènes comme on regarde un bijou. La douleur y est devenue un savoir-faire.
Cette série décalque ces scènes picturales : les couleurs, les poses, la lumière, la composition. Mais les corps sont ceux de jeunes gens d’aujourd’hui, déguisés, grimés, photographiés en studio, sans rien cacher des coulisses. On voit le costume, on devine le fard. Les modèles viennent d’une génération qui a grandi dans l’image, qui sait ce que c’est que de s’exposer, de se composer, d’être regardée, et qui connaît le prix d’une peau qu’on montre. Ils habitent la pose sans la subir. Judith, Agathe, les affligés au pied de la croix : ils les endossent comme on endosse une langue ancienne, pour voir ce qu’elle dit encore.
Le déguisement ne protège pas, il révèle. Ce qui était sublime devient soudain proche : un poignet qui se crispe, une épaule qui tremble, un regard qui ne joue plus la sérénité du martyre. Ce que les maîtres ont orné, la photographie le laisse nu. Les gestes de violence sont suspendus, jamais savourés, et ce qui reste, c’est ce que la peinture a longtemps tu : la peau qui sait, le corps qui se souvient de ce qu’on lui fait.
Face à ces tableaux vivants, Sido de Colette tient lieu de contrepoint. Colette y écrit la peau autrement en parlant de sa mère, femme libre et émancipée. Elle nous offre un monde de gestes transmis, de terre du jardin, de fièvre et d’attention aux choses vivantes. Une peau qui sent, qui boit la lumière, qui apprend du monde.
La série ne propose pas de réparer ni de condamner, seulement de regarder le corps sans le réduire à son décor. Toute ma peau a une âme : la phrase vaut comme un refus. Refus que la chair soit un simple support, qu’on peut orner, blesser, offrir ou admirer sans que quelqu’un y habite. Dans chaque image, quelqu’un est là, et regarde.
Cette création a été tissée avec Anne Savi, Anne Telyczka et de jeunes élèves dont les noms se trouvent à la rubrique Commande.
